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" Je ne me trompe jamais ! " dit-elle d'un ton autoritaire.
Elle, c'est Carmen Relhié, médium, astrologue, et plus encore
: sorcière. À l'en croire, elle serait même, en France,
la dernière représentante du genre. Les placards de sa charmante
villa varoise regorgent de potions, de grimoires et de poupées
vaudoues. Au fond du jardin, près de la piscine, une petite cabane
en bois fait office de temple. Mais c'est à l'intérieur
de sa maison qu'elle reçoit et pratique les désenvoûtements.
Derrière sa boule de cristal, Carmen a bien voulu répondre
- sans malice - à nos questions.
France Dimanche : Qui êtes vous, Carmen ?
Carmen Relhié : Je suis une sorcière, née sur l'île
de la Galite, au large de la Tunisie. J'ai un don de voyance depuis toute
petite, et j'ai toujours entendu des voix. A 5 ans j'ai prédit
les morts de ma petite soeur et de mon petit frère. Aujourd'hui,
je continue à communiquer avec l'au-delà.
" J'ai un don de voyance depuis l'enfance
"
F.D. : Comment devient-on sorcière?
C.R. : J'ai hérité de mon père
le don de voyance. Mais il faut aussi étudier et rencontrer
d'autres sorciers. Je lis énormément et j 'ai
beaucoup voyagé, notamment aux États-Unis et
au Bénin, en Afrique.
C'est là-bas que j'ai appris le vaudou.
F.D. : A quoi ressemble la journée
type d'une sorcière?
C.R. : Je dors peu. Souvent vers 4 heures du
matin, je me réveille pour faire des travaux occultes.
Je me lève de toutes façons très tôt
pour mes consultations. Je reçois environ cinq à
six personnes par jour. C'est très fatigant, mais le
week end, je me repose.
F.D.: Pourquoi vous proclamez-vous
la "dernière" sorcière de France?
C.R. : Parce qu'il n'y en a presque plus! Peut-être
que certaines vivent cachées quelque part. En tout
cas, je n'en connais pas d'autre que moi.
F.D.: Êtes-vous toujours babillée
en sorcière?
C.R.: Une sorcière doit être
toujours vêtue de noir C'est un signe de protection.
C'est aussi pour porter le deuil de toutes celles qui ont
été brûlées, au fil des temps.
Mais en civil, je m'habille comme tout le monde. Sachez aussi
qu'une sorcière doit s'entourer d'animaux. J'ai chez
moi un petit chat noir et un crapaud que j'ai appelé
Jules. II avait, comme par hasard, élu domicile dans
mon jardin!
F.D. : Qui sont vos clients?
C.R. : Je reçois toutes sortes
de gens. Des jeunes qui viennent pour des histoires de cur,
et des moins jeunes pour divers problèmes de santé,
d'argent et de couple. Ma porte est ouverte à tout
le monde. D'ailleurs, il m'est déjà arrivé
de recevoir des gens haut placés, mais je ne peux pas
vous dire qui! On m'appelle depuis la France entière,
mais aussi de Belgique, du Qatar, de Norvège... bref,
de partout dans le monde! Le téléphone sonne
sans arrêt. Je ne pourrai malheureusement jamais répondre
à toutes les demandes.
F.D.: Comment se déroule une
consultation ordinaire?
C.R.: C'est simple: vous appelez et on
prend rendez-vous. Soit je me déplace, soit les clients
viennent ici. Dès le premier contact, je fais de la
voyance, essentiellement avec les tarots. En fait, j'utilise
assez peu la boule de cristal.
F.D : Vient-on vous demander de faire
le mal ?
C.R. : Cela arrive. Des clients sont déjà
venus me demander de tuer leur belle-mère. Mais je
refuse, je n'aime pas faire du mal !
À moins qu'on me fasse à moi quelque chose de
pas gentil...
J'aime les gens. Une sorcière peut tout faire : de
la magie blanche comme de la magie noire. J'ai été
initiée à toutes ces pratiques, que je maîtrise
parfaitement, mais... avec précaution. Parce que çà
peut être très dangereux.
F.D. : Qu'avez-vous déjà
prédit qui s'est ensuite réalisé ?
C.R : J'avais prédit le tsunami
de décembre 2004. Quelques mois avant, je voyais des
vagues déferler et beaucoup de morts. À Cotonou
j'avais dit qu'un médecin serait président du
Bénin. J'ai eu une nouvelle fois raison. On m'avertit
souvent quand il va se passer quelque chose.
F.D : Que prévoyez vous pour
2007 ?
C.R : Je n'ai pas encore eu le temps de
me concentrer là-dessus. J'ai tellement de travail
avec mes clients ! Je vois quand même beaucoup de petits
oiseaux mourir. Je vois aussi la sécheresse ...
Philippe CALLEWAERT
Photos : Vincent BOYER
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